Guillaume Rolland, la pépite découverte par Google

Guillaume Rolland, découvert par Google en 2014, alors qu’il n’avait que 18 ans, a depuis fait un bout de chemin. Il est aujourd’hui à la tête d’une start-up en plein essor, Bescent, et cela n’est pas près de s’arrêter. Il s’apprête à sortir très prochainement son nouveau produit, Oria, qui vous offrira une bonne nuit de sommeil !

Il a bien voulu se prêter au jeu de l’interview, qu’on vous laisse découvrir, on espère que celle-ci vous inspirera. PS : Petit conseil, avant de la lire, fermez les yeux et imaginez-vous en train de sentir une odeur de menthe poivrée, cela vous mettra dans l’ambiance SensorWake.

Pourquoi, un jour, comme ça, t’est venu l’idée de te lancer dans un projet de création et d’innovation aussi important ?

GR : « Depuis que je suis petit, j’adore bricoler et développer des innovations, cette fibre pour la technique et les produits n’est donc pas venue du jour au lendemain. J’ai fait ma première invention à 13 ans, c’était un bras robotique qui permettait de faire infuser le sachet de thé. C’est typiquement ce que j’adorais faire quand j’étais petit. J’ai franchi le cap important de l’inventeur jusqu’à l’entrepreneur grâce au Google Sciences Fair (GSF), cela a permis que mon projet d’invention de devenir un projet d’entreprenariat, à vocation de créer une start-up.»

C’est donc réellement le GSF qui t’as permis de développer ton projet ?

« Oui, le trigger, l’étincelle ça a été le GSF. Ça a été une occasion incroyable pour à la fois présenter le projet au monde entier, mais aussi de faire connaitre l’innovation. C’était le point de départ. Mais le plus dur était encore à faire après ça, car il a fallu créer sa boîte, composer son équipe, financer le développement industriel, mettre le produit sur le marché… etc Mais le vrai trigger reste le GSF. »

guillaume-rolland-salon

Et pourquoi un réveil odorant et pas autre chose ?

« J’avais du mal à me réveiller le matin, comme beaucoup de personnes, l’idée m’est donc venue de là !  Et puis, j’aimais trouver des solutions qui permettaient d’améliorer le quotidien de manière concrète. Le matin en est une, car c’est à la fois un passage obligé pour tout le monde et aussi un passage mal vécu en règle générale. Cette idée était donc « pas évidente » mais elle est tombée sous le sens. »

Quel sentiment ça t’as fait lorsque tu as appris que tu étais sélectionné par Google ? Et comment l’as-tu appris ?

« Je l’ai appris d’une drôle de façon, je n’avais quasiment pas de réseaux car j’étais sur les chemins de St Jacques, c’était horrible car la sélection se faisait en live. J’ai donc appris que je partais dans quelques semaines chez Google entre 2 nuages de réseaux ! À ce moment-là c’était juste énorme pour moi, après il faut savoir relativiser. Mais c’était vraiment les premiers aboutissements du projet. Les gros aboutissements suivants : c’était la mise sur le marché du produit, trouver des magasins ou encore lever des fonds. Cependant, pour moi le poids émotionnel c’était LA, car c’était une nouvelle frontière d’atteinte. »

J’ai vu que tu travaillais avec des entreprises reines dans leur domaine, comme très récemment avec Accorhotel. Ça fait quoi, si jeune, de signer avec une telle entreprise ?

« Je suis persuadé que des relations entre David et Goliath, c’est-à-dire une jeune start-up et des groupes leaders dans leurs domaines, ont un sens et c’est hyper important à développer. Aussi bien pour les grands groupes, que pour la jeune pousse, car c’est ce qui va lui permettre de la faire grandir. C’est donc des relations gagnantes-gagnantes, et celles-ci me tiennent à cœur. Avec Accorhotels, on s’est rencontrés il y a un an à Viva Tech, et on a commencé à faire un bout de chemin ensemble, tout cela étape par étape. C’est aussi parfois un peu la chance, des bonnes rencontres aux bons moments. C’est un peu pareil pour les autres groupes. Si l’on a une vision et un but communs alors on a de bonnes chances de pouvoir créer de belles histoires entre gros groupes et start-up sur le long terme. »

Guillaume Rolland dans son garage
Credits photo : Franck Tomps

En vrai, tu es un peu comme Clark Kent : un côté étudiant et un côté entrepreneur d’une start-up en plein boum. Ce n’est pas trop compliqué de lier les 2 ?

« Si, si, c’est toujours des sacrifices à faire, notamment sur certains moments importants de la vie étudiante, comme les soirées, les intégrations, les trucs un peu sympas, mais à côté c’est aussi une opportunité de vie. On fait le tour du monde, on rencontre des personnes, une industrie, tout un tas d’écosystèmes qui ne me serait jamais donné de toucher à 21 ans. Il faut donc savoir lier les 2, en gardant une vie saine avec un certain équilibre. Techniquement, c’est en se donnant du temps le week-end, pour décompresser et faire autre chose. Par exemple, en parallèle je suis chef scout, donc je m’occupe d’un groupe de jeunes certains week-ends et pendant l’été. Ça me permet de décompresser, et de faire une activité complètement différente de ce que je fais classiquement avec la start-up. C’est tout cela, qui fait que l’on peut travailler dans de bonnes conditions et viables sur le temps. »

Imagine, tu ne dois garder qu’un souvenir de ton histoire ce serait lequel ?

« J’ai eu beaucoup de moments forts dont j’ai le souvenir. Je pense qu’un des moments les plus forts c’est quand je suis partie pour la première fois chez Google pour présenter mon projet. Mais tout le reste, comme mes différents voyages, mon premier CES de Las Vegas en 2016, où l’on a remporté le CES Innovation Awards, c’était aussi important pour moi. C’était la première fois que je faisais un salon aussi gros ! C’était démentiel et une très bonne expérience. Après c’est des rencontres avec des gens, des salariés, des actionnaires, tout ça fait que l’aventure est magique ! »

Allez, ça ne va pas être simple, mais tu as 2 mots pour décrire ton aventure, ce serait quoi ?

Surprenante-et-sky-is-the-limit

« Techniquement je ne peux pas m’attendre à quelque chose car je n’ai pas de prise de recul sur le business, etc… Donc jour après jour, je suis surpris par ce que je découvre, parfois totalement positivement, parfois un peu moins positivement, mais c’est des surprises, énormément de surprises. »

« Car on peut ne plus se fixer de limites. D’un point de vue pays, car on peut cibler l’ensemble des pays que l’on souhaite, mais aussi au niveau produit, on peut créer le produit auquel on pense. On n’a plus les mêmes limites que l’on pouvait avoir il y a 20 ans »

Si je te demande c’est quoi une journée à la Guillaume Rolland ?

« Actuellement je suis en Islande (rires), mais ça ce n’est pas une journée type. En réalité, cette journée, c’est un mix entre Nantes et Paris. D’un côté Nantes car c’est là qu’il y a l’équipe, et d’un autre côté Paris car c’est là qu’il y a les partenaires financiers, distributeurs…etc Donc on se lève tôt, on prend le train, on rencontre des personnes, on fait son réseau, on brief les équipes, on avance sur les différents sujets, marketing, commerciaux… Mais bien entendu la journée type n’existe pas. »

Aujourd’hui, tu es souvent en contact avec des personnes plus âgées et avec plus d’expérience que toi. Ça ne te fait pas bizarre de te retrouver dans ces situations ?

« Je pense personnellement que c’est plutôt un avantage, car les gens se disent qu’on est jeune, et que si à cet âge on est là, c’est que l’on s’est démené, on s’est battu, ça montre une identité qui est importante dans le monde entrepreneurial, car il faut être tenace. Ça aurait pu être un inconvénient je pense, mais il faut le tourner à son avantage, et pour cela, il faut savoir vite s’entourer très vite de personnes complémentaires. Car notre désavantage est que l’on n’a pas d’expérience et pourtant, c’est l’un des facteurs de réussite de la boîte. Il faut donc vraiment s’entourer très vite de salariés, d’associés, d’investisseurs, pour que cette partie plutôt expérience soit très vite balayée, et ainsi mettre en avant les avantages de la jeunesse. »

bescent-equipe

Imagine… tu peux donner un titre de film ton aventure !

« Je dirais (en réfléchissant) « L’Effet Papillon », celui de 2004. C’est aussi une expression que l’on donne, c’est le fait de dire qu’un battement d’aile du papillon à un endroit A, peut devenir un ouragan à l’autre bout de la terre. C’est pouvoir constater que l’on peut être très jeune et concevoir un projet dans son garage, par exemple, et que cela peut avoir un impact, en étant diffusé, en étant sur le marché… C’est ce côté effet papillon que je trouve sympa ! »

Rapidement un ça ou ça :

« Les 2 sont remarquables, ouais plutôt… non c’est trop compliqué (rires) ! »

Sensorwake-ou-Oria

« C’est compliqué, aujourd’hui SensorWake car il est sur le marché, que je l’utilise et je trouve ça vraiment cool. Oria demain car le sommeil est l’enjeu du futur. »

Nantes-et-Los-Angeles

« Entre Nantes et Los Angeles, plutôt Nantes »

menthe-bord-de-mer

« Menthe poivrée, c’est celui que je prends quasiment tout le temps. Pour la petite histoire, la toute première capsule que j’ai faite pour le prototype du SensorWake, c’était à l’époque de la menthe de mon jardin, j’allais dans le labo de mon lycée et je mettais les feuilles de menthe dans un ballon d’hydro-distillation et je faisais chauffer ça pour recueillir l’huile essentielle. Donc dans mes toutes premières capsules c’étaient de la menthe maison ! »

Enfin soyons fou, projetons-nous dans 10 ans, comment-tu t’imagines ?

« Dans 10 ans c’est compliqué, car ça représente un siècle pour moi ! Aujourd’hui on a 3 ans, donc on va dire que ma vision dans 3 ans, c’est continuer les innovations de produits qu’on a pu faire. Avec une nouvelle gamme qui suivra notre vision, celle d’améliorer le bien-être des personnes au quotidien. Le tout en faisant grandir l’équipe pour continuer d’assurer la croissance. »

Guillaume Rolland Pochette

Et notre pochette en feutrine est déjà adoptée ! 

On espère que cette interview vous aura laissé un parfum d’inspiration !

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